3ᵉ ÉDITION DU FORUM NATIONAL DE LA RECHERCHE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE : LE CRES RELANCE LE DIALOGUE ENTRE RECHERCHE ET DÉCISION PUBLIQUE
Le 17 février 2026, à Dakar, chercheurs, décideurs publics et partenaires du développement se sont réunis à l’initiative du Consortium pour la recherche économique et sociale (CRES) pour la troisième édition du Forum national de la recherche économique et sociale. L’objectif : renforcer l’utilisation des données probantes pour éclairer les politiques publiques au Sénégal.
Cet événement a rassemblé administrations publiques, partenaires techniques et financiers, chercheurs, acteurs du secteur privé, organisations de la société civile et médias autour de trois enjeux majeurs : le travail de soins non rémunéré et l’autonomisation économique des femmes ; l’adoption de systèmes alimentaires sains et durables ; le renforcement de la protection sociale inclusive.
Un forum pour rapprocher recherche et décision publique
Dans son allocution d’ouverture, le Directeur exécutif du CRES, Professeur Abdoulaye Diagne, représenté par le coordonnateur scientifique du CRES, Professeur François Joseph Cabral, a souligné l’importance de ce cadre de dialogue entre producteurs de connaissances et décideurs publics.
« Ce forum n’est pas une simple plateforme de présentation de résultats de recherche. C’est un espace de dialogue, d’échange et de co-construction », a-t-il laissé entendre.
Le Pr Cabral a rappelé que les thématiques retenues répondent aux priorités de transformation du Sénégal et à la nécessité de renforcer les mécanismes de transfert des connaissances vers l’action publique.
« La recherche doit éclairer nos choix, la décision publique doit s’appuyer sur des évidences empiriques, et ensemble nous devons œuvrer pour un Sénégal souverain, juste et prospère. »
Il a également salué l’engagement des partenaires du CRES, notamment le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) et le Global Development Network (GDN), qui soutiennent la production et la diffusion de connaissances utiles à l’action publique.
Le CRDI met en lumière l’économie des soins
Prenant la parole au nom du Centre de recherches pour le développement international, la directrice régionale pour l’Afrique centrale et de l’Ouest, Marie-Gloriose Ingabire, a mis l’accent sur la contribution souvent invisible du travail de soins non rémunéré à l’économie.
« Être femme est un métier en Afrique de l’Ouest », a-t-elle affirmé en s’appuyant sur les résultats de recherches soutenues par le CRDI, avant de rappeler que la production domestique non rémunérée représente une part importante de l’économie.
« Si le travail domestique non rémunéré était monétisé, il représenterait environ 3 266,9 milliards de FCFA, soit près de 25 % du PIB du Sénégal en 2018 », a-t-elle affirmé.
Elle a également souligné l’importance des services de garde d’enfants pour l’autonomisation économique des femmes.
« Les services de garde libèrent du temps, créent des opportunités d’emploi et améliorent les revenus des ménages. »
La directrice régionale du CRDI a ainsi plaidé pour une meilleure reconnaissance du travail domestique non rémunéré et pour le développement de politiques publiques favorisant l’équité et l’inclusion économique.
Le GDN appelle à renforcer l’impact social de la recherche
La représentante du Global Development Network (GDN), Anna Niang, a salué le travail mené par le CRES et ses partenaires dans la production de connaissances sur des enjeux clés de politiques publiques.
« Produire des connaissances de qualité est indispensable, mais ne suffit pas. »
Elle a souligné que l’un des défis majeurs reste l’accessibilité des données, leur utilisation effective et la légitimité des connaissances produites dans l’espace public.
« Le véritable défi aujourd’hui dans nos pays demeure l’accessibilité de ces données, leur usage effectif et la légitimité même de ces connaissances produites. »
Selon elle, des institutions comme le CRES jouent un rôle central en se situant à l’interface entre la recherche, les décideurs et les citoyens.
« Des acteurs comme le CRES, situés à l’interface entre les mondes académiques, politiques et citoyens, sont particulièrement bien placés pour porter ce débat. »
Elle a enfin appelé à faire de ce forum un moment de dialogue permettant de renforcer l’ancrage local et la pertinence sociale de la recherche.
« J’espère que nous ferons de cette journée un moment de dialogue et de collaboration pour construire les fondations d’une recherche ancrée localement, utile politiquement et pertinente socialement. »
Promouvoir des politiques publiques fondées sur les données
À travers cette troisième édition du Forum national de la recherche économique et sociale, le CRES réaffirme son engagement à renforcer les passerelles entre la recherche scientifique et la décision publique. En favorisant le dialogue multi-acteurs et la valorisation des résultats de recherche, cette initiative contribue à promouvoir des politiques publiques plus efficaces, inclusives et fondées sur des données probantes au Sénégal.