Patrimoine culinaire et nutrition : le CRES outille les professionnels pour une alimentation plus saine au Sénégal
Patrimoine culinaire et nutrition : le CRES outille les professionnels pour une alimentation plus saine au Sénégal
Le CRES a réuni, à Dakar, des acteurs clés de la restauration et de la santé autour d’une formation innovante visant à traduire les savoirs nutritionnels en pratiques culinaires concrètes.
Du 20 au 24 avril 2026, le Consortium pour la recherche économique et sociale (CRES) a organisé, à l’École normale supérieure d’enseignement technique et professionnel (ENSETP) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, un atelier de formation consacré à l’appropriation du livre « Patrimoine culinaire et nutrition au Sénégal ». Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Agir sur les environnements alimentaires pour un accès universel à des régimes alimentaires sains au Sénégal ».
Répondre aux défis d’une transition nutritionnelle accélérée
Au Sénégal, les mutations des habitudes alimentaires posent aujourd’hui des défis majeurs de santé publique. Entre persistance de la malnutrition et progression des maladies non transmissibles, la nécessité d’agir sur les pratiques alimentaires s’impose avec urgence.
« Les enjeux liés à l’alimentation, à la nutrition et à la valorisation de nos ressources locales sont devenus majeurs », a souligné le Professeur Papa Biram Gning, Directeur de l’ENSETP, rappelant que les sociétés font face à « des défis complexes […] nécessitant la promotion d’une alimentation saine, accessible et durable ».
Un livre pour valoriser sans dénaturer le patrimoine culinaire
Au cœur de cette initiative : un ouvrage scientifique et opérationnel qui revisite les recettes sénégalaises à l’aune des exigences nutritionnelles contemporaines.
Fruit d’un travail de recherche approfondi, ce livre repose sur une analyse rigoureuse des habitudes alimentaires des Sénégalais.
Comme l’explique le Professeur Abdoulaye Diagne, Directeur du CRES :
« Nous avons pu disposer de données sur ce que les Sénégalais consomment […] et analyser la composition nutritionnelle des recettes les plus utilisées ».
L’ambition n’est pas de transformer les habitudes alimentaires, mais de les améliorer :
« Nous n’avons pas besoin d’inventer de nouveaux plats. Il s’agit simplement de mettre aux normes nutritionnelles les plats existants », a-t-il insisté.
De la connaissance à l’action : une formation immersive
Pour combler le fossé entre savoir scientifique et pratiques culinaires, la formation a misé sur une approche pédagogique en deux temps : théorie et mise en pratique.
Pendant cinq jours, les 30 participants – issus d’institutions publiques, de structures de santé, d’organisations professionnelles et de la restauration collective – ont été formés aux principes de nutrition, aux règles d’hygiène et aux techniques culinaires adaptées.
La phase pratique, particulièrement attendue, a permis aux participants de concevoir et d’évaluer des menus équilibrés, en intégrant les recommandations du livret.
« La formation permettra de renforcer les compétences des professionnels […] tout en intégrant les exigences de qualité nutritionnelle et de durabilité », a rappelé le Professeur Gning.
Un espace d’échange et de co-construction
Au-delà de la transmission de connaissances, l’atelier s’est voulu un cadre participatif.
« Au-delà d’une formation, il s’agit surtout d’échanges. Nous allons apprendre de vous aussi », a indiqué le Professeur Diagne, insistant sur la dimension collaborative de l’initiative.
Cette dynamique a permis de confronter les recommandations scientifiques aux réalités du terrain, dans une logique d’amélioration continue.
Vers une transformation durable des pratiques alimentaires
À l’issue de la formation, les participants sont désormais mieux outillés pour :
- concevoir des menus équilibrés ;
- améliorer la qualité nutritionnelle des repas ;
- appliquer les normes d’hygiène ;
- valoriser les produits locaux.
Plus largement, cette initiative participe à une ambition plus vaste : transformer durablement les environnements alimentaires au Sénégal.
« Nous souhaitons que cette formation débouche sur une appropriation durable des bonnes pratiques en matière de nutrition », a conclu le Professeur Gning.
À travers cette action, le CRES confirme son rôle de passerelle entre recherche et action, en mettant la connaissance scientifique au service de la santé publique et de la valorisation du patrimoine culinaire sénégalais.