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Fiscalité et santé publique : le Professeur Abdoulaye Diagne souligne le potentiel des taxes de santé

Par CRES • 05 octobre 2026
Fiscalité et santé publique : le Professeur Abdoulaye Diagne souligne le potentiel des taxes de santé

À l’occasion de la 14ᵉ Conférence panafricaine sur les flux financiers illicites et la fiscalité (PAC 2026), le Directeur exécutif du CRES, Professeur Abdoulaye Diagne, a participé à la session consacrée à la politique budgétaire, à la justice fiscale et à la santé publique. Il a notamment insisté sur le rôle des taxes de santé dans la réduction des maladies non transmissibles et la mobilisation de ressources pour les systèmes de santé.

Le Professeur Abdoulaye Diagne, Directeur exécutif du CRES, lors de la session 5 de la PAC 2026.
Les taxes de santé, un double enjeu

Organisée à Dakar du 30 septembre au 2 octobre 2026, la PAC 2026 a réuni différents acteurs africains autour du thème « Promouvoir un programme de justice fiscale transformateur pour l’Afrique ». La session 5, intitulée « Bâtir des sociétés plus saines : politique budgétaire, justice fiscale et santé publique », a porté sur les liens entre fiscalité, santé et mobilisation des ressources domestiques. Dans son intervention, le Professeur Abdoulaye Diagne a rappelé la progression des maladies non transmissibles en Afrique et le poids croissant de leur prise en charge pour les États et les ménages.

« Les taxes de santé sont à la fois un outil pour combattre ces maladies, mais aussi un outil pour mobiliser des ressources au niveau national. » 

S’appuyant notamment sur une étude du CRES, il a indiqué qu’au Sénégal, les maladies non transmissibles attribuables au tabac avaient représenté un coût de 118 milliards de francs CFA en 2018, contre 20 milliards de francs CFA de recettes issues du tabac. Il souligne ainsi le potentiel d’une fiscalité permettant à la fois de réduire la consommation des produits nocifs et de générer des ressources supplémentaires pour la santé. 

Une vue des participants lors de la session consacrée à la fiscalité et à la santé publique.
Mieux concevoir les taxes

Pour le Directeur exécutif du CRES, l’efficacité des taxes de santé dépend toutefois de leur niveau, de leur structure et de leur application. Il a notamment plaidé pour une meilleure conception des dispositifs fiscaux et présenté les avantages d’une taxation spécifique, fondée sur les quantités plutôt que sur le prix des produits.

« Une taxation spécifique, c'est-à-dire assise sur les quantités plutôt que sur le prix, cette taxation se révèle beaucoup plus efficace. »

Le Professeur Diagne a également insisté sur l’importance des données pour orienter les réformes fiscales et mesurer leurs effets sur les comportements de consommation et les recettes publiques.

« Les données sont essentielles pour voir quelles sont les réformes à introduire », a-t-il souligné, en rappelant la nécessité de disposer d’informations fiables sur les prix, les taxes et les comportements des consommateurs.

Échanges entre les panélistes à l’issue de la session 5 de la PAC 2026.
Cette intervention a ainsi mis en évidence l’un des enjeux au cœur de la PAC 2026 : faire de la fiscalité un instrument de mobilisation des ressources, mais aussi un levier au service de la santé publique, de la réduction des inégalités et du développement durable.