Le CRES et l’ACET lancent une étude sur les perspectives de transformation économique du Sénégal
Le Consortium pour la recherche économique et sociale (CRES) et l’African Center for Economic Transformation (ACET) ont organisé, le 14 octobre 2026, un séminaire virtuel de lancement de l’étude sur les Perspectives de transformation économique du Sénégal (CETO). La rencontre a réuni plus de 70 participants issus d’institutions publiques et privées ainsi que de ministères de la République du Sénégal. Elle visait à partager les premiers constats de l’étude et à recueillir les contributions des parties prenantes pour mieux orienter les travaux.
Au-delà de la croissance, l’enjeu de la transformation structurelle
Dans son mot de bienvenue, le professeur Abdoulaye Diagne, directeur exécutif du CRES, a rappelé l’importance de cette étude pour comprendre les évolutions de l’économie sénégalaise et identifier les leviers d’une croissance plus inclusive et durable. Il a souligné que le rapport, fondé principalement sur des données secondaires et une revue de la littérature, devait être enrichi par les expériences, les connaissances de terrain et les propositions des acteurs concernés.
L’analyse s’appuie sur le cadre « Growth with DEPTH » de l’ACET, qui examine cinq dimensions : la diversification économique, la compétitivité des exportations, les gains de productivité, la modernisation technologique et le bien-être des populations.
Des premiers résultats qui soulignent des défis persistants
Au nom de l’équipe du CRES, Dr Fatou Cissé a présenté les éléments relevant de ses travaux, notamment les constats relatifs à l’évolution de l’économie sénégalaise et aux défis de sa transformation structurelle.
Les données préliminaires présentées indiquent que le PIB réel par habitant est passé de 1 119 dollars en 2005 à 1 518 dollars en 2024, en dollars constants de 2015. Toutefois, cette progression ne s’est pas accompagnée d’une amélioration équivalente de plusieurs indicateurs de transformation. Entre 2000 et 2025, la part de l’industrie manufacturière dans le PIB serait ainsi passée de 20,8 % à 13,2 %, tandis que la part des cinq principaux produits dans les exportations aurait augmenté de 42 % à 65 %.
Ces premiers constats restent à approfondir et à consolider dans le cadre de la poursuite de l’étude.
La souveraineté alimentaire et l’agro-business parmi les pistes évoquées
Les échanges avec les participants ont permis de formuler plusieurs recommandations et suggestions concernant les secteurs susceptibles de faire l’objet d’analyses approfondies. La souveraineté alimentaire, l’agro-business et d’autres secteurs porteurs ont notamment été évoqués comme des pistes d’intervention à examiner.
Les équipes du CRES et de l’ACET ont indiqué qu’elles procéderaient à la sélection des secteurs prioritaires en tenant compte des critères retenus : leur alignement sur les priorités nationales, leur potentiel de création d’emplois — en particulier pour les femmes et les jeunes —, leur contribution à la compétitivité des exportations et à la création de valeur ajoutée, leur capacité à favoriser l’inclusion ainsi que la faisabilité politique et l’accessibilité des données.
Cette sélection permettra de concentrer les analyses sur les secteurs offrant les perspectives les plus pertinentes pour accélérer la transformation économique du Sénégal.
Une démarche participative pour éclairer les politiques publiques
La rencontre marque une étape importante dans la conduite de l’étude. La démarche prévoit des entretiens avec les acteurs institutionnels et économiques, des échanges avec les travailleurs, les producteurs, les femmes et les jeunes, ainsi que des consultations destinées à confronter les analyses aux réalités du terrain.
Le rapport final et une note de politique publique sont attendus en février 2027. Ils devraient proposer des pistes d’action pour renforcer la diversification, la productivité et la création d’emplois de qualité.
À travers cette collaboration, le CRES et l’ACET entendent contribuer à une meilleure compréhension des défis structurels de l’économie sénégalaise et à l’élaboration de politiques publiques capables de transformer durablement la croissance en progrès économique et social.